mercredi 24 novembre 2010

Platon et la musique


Si vous souhaitez vous lancer dans une lecture différente de Platon, en suivant les travaux de Jay Kennedy de l'université de Manchester, vous découvrirez alors comment le philosophe aurait également évoqué, dans ses écrits, des principes musicaux.
En effet, nous n'avons pas toutes les clés de lecture des siècles passés. C'est ainsi qu'il nous faut souvent revenir sur des certitudes passées et corriger nos approches. Jay Kennedy relance ainsi les hellénistes à revisiter leurs connaissances. Sa théorie est résumée ainsi sur le site mis en lien:
Platon s'était déjà interrogé sur la nature des sons (1).
Il se serait servi des lignes pour tenir une sorte de comptabilité musicale. Il aurait introduit des symboles dans son oeuvre. Ainsi, il aurait évoqué par les concepts positifs, les notes considérées comme harmonieuses (3e, 4e, 6e, 8e et 9e ) et par les concepts négatifs les notes qui ne le sont pas (les 5e, 7e, 10e et 11e).
Les spécialistes rejettent encore ces "découvertes", demeurant sceptiques.
Pour les courageux, j'ai mis en lien avec le titre, l'article en anglais de l'université de Manchester.
(1)
« Se promenant devant la boutique d'un forgeron, il fut frappé par le fait que les garçons de la forge, frappant sur la même enclume, en tiraient des sons très différents. Comparant la seule caractéristique qui différaient parmi les marteaux, à savoir combien ils pesaient, le philosophe fit la découverte qui lia à jamais la musique (ou plutôt le phénomène sonore) à la science des nombres: les intervalles musicaux étaient en correspondance avec la masse des marteaux. Par exemple, en frappant l'enclume avec un premier marteau, et un autre deux fois plus lourd, on obtenait une octave. Si on frappait avec un marteau de 8 livres, et un autre de 12 livres (rapport 3/2) on obtenait une quinte etc...»

jeudi 18 novembre 2010

Début de Guerre Froide et intellectuels européens

Dans le contexte de la fin de Seconde Guerre mondiale, bien des intellectuels furent séduits par le communisme, ses promesses incarnées dans la victoire de Staline sur le nazisme. Cependant, dès 1947 et surtout la fin des années 40, les espoirs d'un nouvel ordre mondial s'effondrent à la lecture des évènements et des coups de force successifs.
Sartre, par exemple, évoque cette rupture entre son idéal marxiste et la réalité des faits dans sa pièce Les mains sales (1948). La violence peut-elle servir la révolution ? L'efficacité doit-elle tout permettre à un révolutionnaire, même ce qui est contraire à la liberté ?
La vidéo jointe est une présentation de la pièce et une courte analyse des situations et des personnages par les acteurs.
Le Britannique, George Orwell, avait déjà publié en 1945, la ferme des animaux, satire dans laquelle il présentait la révolte des animaux contre les hommes pour dénoncer la révolution d'octobre 1917 et le stalinisme.


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dimanche 14 novembre 2010

La science au service de l'Histoire (ici, dans l'Antiquité)

La science permet aujourd'hui aux archéologues et historiens de pouvoir dépasser certaines limites en architecture par exemple. Quel aspect un bâtiment en grande partie détruit ou les vestiges de ce dernier nous apprennent sur ses fonctions, son rôle dans l'espace urbain ? Parfois aucune représentation complète ne donne plus ce type de renseignement qu'une reconstitution en 3D réalisée en collaboration avec des archéologues, des historiens, des informaticiens.
La première vidéo réalisée par des universitaires espagnoles donne à contempler les splendeurs de l'Acropole au siècle de Périclès (V ème siècle avant J.C). Les images de synthèse en couleurs nous font prendre conscience de la toute puissance de la cité inscrite dans la pierre et visible de tous sur la colline de l'Acropole.
Les techniques employées dans l'Antiquité ne sont pas toujours bien comprises. Quelles étaient les connaissances des contemporains de l'empereur Claude lorsqu'ils durent réaliser les tables claudiennes ? Quelles techniques de métallurgie employait-on ? Pour cela, les Historiens font appel à un ingénieur en tribologie et un Archéo-métallurgiste (archéologie expérimentale) pour élucider la fabrication de cette stèle de bronze aussi parfaite que si elles avait été réalisée par une machine de nos jours. Ainsi, à l'issue de ce documentaire, vous découvrirez la surprenante découverte qui permet de mieux saisir toutes la valeur de cette inscription, marquante pour les contemporains de Claude, tant par son sens que par son aspect.

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jeudi 11 novembre 2010

11 novembre 2010: hommage aux lycéens et étudiants Résistants en 1940


Deux classes du Lycée Racine ont été invitées à la cérémonie du 11 novembre 2010 sous l'Arc de Triomphe pour commémorer la manifestation du 11 novembre 1940. Vous pouvez visionner la vidéo témoignage de quelque uns des Résistants lycéens, accompagnée des commentaires d'un Historien. Une autre vidéo a laissé également la parole aux lauréats du concours national de la Résistance 2010 pour évoquer ce qu'ils ont ressenti.
La photo: arrivée des lycéens parisiens portant la croix de Lorraine bleue, réplique de celle réalisée pour le 11 novembre 1940 par leurs prédécesseurs- dont certains témoignent dans la vidéo.

mercredi 10 novembre 2010

La chanson de Craonne

La musique et les chansons jouent des rôles parfois majeurs dans les conflits pour mobiliser, contourner la censure, dénoncer ...
La chanson de Craonne est à ce titre particulièrement remarquable. Elle fut chantée par les soldats lors des mutineries de 1917 sur le Chemin des Dames (Aisne), et reprise dans les temps de conflit avec l'autorité, dans l'après guerre. Son analyse offre une vision particulière non seulement du vécu des "poilu" à cette date, mais aussi les motivations de leur désobéissance. Ce texte engagé est le fruit de plusieurs amalgames et auteurs.
Contexte: Le "plateau" est celui qui surplombe le village de Craonne (plateau de Californie), lieu de l'offensive Nivelle du 16 avril 1917. L'Etat major cherchait à percer les lignes allemandes et relancer une guerre de mouvement pour gagner. 1917 est l'année de la Révolution russe et des nombreuses guerres à l'arrière.
Thèmes abordés par la chanson: échec de l'offensive de 1917, de la vie dans les tranchées "la relève"qui permet de relever ceux au front et d'en laisser d'autres mourir, les permissions qui permettent de voir les "embusqués" (ceux qui échappent au conflit et que les "poilus" dénigrent), le ressentiment d'être des "puretins" fantassins au front "sacrifiés" tandis que les "civelots"(civils) sont protégés, l'emploi du terme de "grève" pour mutinerie en liaison avec les mouvements autour de la Révolution.
En lien avec le titre des compléments du crid (Collectif de Recherche International et de Débat sur la guerre de 14-18)



lundi 8 novembre 2010

Micheline Bood, une lycéenne du lycée Racine


Voici des extraits du journal de Micheline Bood pendant la guerre et témoin de l'occupation mais également engagée dans ses idées politiques. Elle n'hésite pas à le témoigner dans son journal. La publication de cet écrit est épuisé, mais pour ceux qui le trouveront dans une bibliothèque, c'est sans doute une source non négligeable sur l'histoire du lycée.
Micheline Bood, Les années doubles: journal d'une lycéenne sous l'occupation, Paris Laffont, 1974.
Cette année, le sujet du brevet des collèges à Pondichery comporte un extrait de ce journal dans le sujet d'Histoire.



La manifestation du 11 novembre 1940 (suite)



Vous pouvez consulter ce dossier du musée de la Résistance (en lien avec le titre du billet) pour approfondir cette manifestation. Cette caricature illustre la force des étudiants contre l'occupant "la plume est plus forte que l'épée".

samedi 6 novembre 2010

Histoire d'un immeuble parisien: la Maison des Etudiants des Etats de l'Afrique de l'Ouest

De 1960 à 2010, un immeuble parisien du XII ème arrondissement (au 69-71 boulevard Poniatowski) a vécu au tempo de l'histoire tourmentée de l'Afrique de l'Ouest.
De 1946 à 1960, il fut le lieu de résidence des parlementaires de l'AOF (Afrique Occidentale Française). Aimé Césaire s'y rendait, comme bien d'autres grands hommes de culture outre mer et africaine sous la IV ème République.
Après l'accès à l'indépendance de l'AOF en 1960, il devint le quartier général de la FEANF (Fédération des Etudiants d'Afrique Noire en France). L'élite de cette partie du monde ayant réalisé ses études à Paris y séjournèrent alors et jusqu'à ces derniers mois.
Ce bâtiment vient d'être muré et ses derniers occupants relogés en cet début novembre. Cet immeuble raconte son histoire tourmentée par la voix de ses amis, occupants au travers de ce film de 14'30 réalisé par une cinéaste avec le soutien de LDH Paris 12 et du collectif de vigilance Paris 12 pour les droits des étrangers.

vendredi 5 novembre 2010

La mémoire: le soldat inconnu 1920-2010

Reconstitution (citadelle souterraine de Verdun) du choix du soldat inconnu par le soldat Auguste Thin le 11 novembre 1920. Il devait déposer son bouquet sur l'un des huit cercueils recouverts du drapeau tricolore et en présence du ministre des anciens combattants André Maginot. Il raconte l'événement ainsi:« Il me vint une pensée simple. J'appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c'est également le chiffre 6 que je retiens. Ma décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai. »
Cette année, les cérémonies du 11 novembre 2010 à Paris souhaitent souligner deux évènements attachés au 11 novembre 1918:
- le choix du soldat inconnu qui sera déposé en 1920 sous l'arc de triomphe à Paris, signe de l'atrocité de la guerre
et
- le mouvement de Résistance du 11 novembre 1940 (voir précédent billet).

Comment expliquer cette "héroïsation" de la mémoire ?
Quel rôle jouent les lieux de mémoire ?
La mémoire officielle est celle qui est encadrée par la vie politique, par des choix politiques. Ici, celle de commémorer parallèlement les 11 novembre 1920 et 1940.
La mémoire collective se construit autour des récits des témoins et acteurs puis se transmet, se reconstruit.
La mémoire nationale caractérise l'union de la nation autour d'un évènement officialisé par une date fixée et célébrée.

L'exemple du soldat inconnu sous l'arc de Triomphe est une histoire relevant de ces mémoires.
En cliquant sur le titre du billet, vous pourrez accéder à un document relatant le choix difficile du soldat.
Bertrand Tavernier a repris cette quête dans son film, La vie et rien d'autre, pour illustrer les désillusions, les pertes de repères liées au traumatisme de la guerre. (étude réalisée en classe)

vidéo Jean Tulard présentant le film de Bertrand Tavernier, La vie et rien d'autre dans lequel le choix d'un soldat inconnu pour un officier chargé d'identifier les corps après le conflit entre en totale contradiction avec sa mission auprès des soldats tombés au feu et aux familles endeuillées !